“Du nord au sud de l’Europe, à la fin de la Renaissance, surgirent d’étranges endroits: secrets ou visibles, dans des demeures royales comme chez des notables ou des apothicaires, tenant à la fois de l’antre du magicien et de l’officine, les cabinets de curiosités rassemblaient, dans un espace souvent compté, un incroyable capharnaüm couvrant murs et plafonds, débordant des tiroirs et des cassettes. (Extrait de “Cabinet de curiosités”, Patrick Mauriès, Gallimard, 2002).

CABINET CURIEUX (disques introuvables, films culte et retors et bientôt bouquins sulfureux…)

CONSULTATION SUR RENDEZ-VOUS A BIENNE : e-mail à alaingonzo@hotmail.com ou sms 077 401 45 74

Dans le Cabinet Curieux de ce mois d’août 2018… nous croisons:

– Chrissy Zebby Tembo, né à Chingola en Zambie, a embrassé la carrière de musicien en 1970 comme batteur des Scorpions, pas les Allemands… les Zambiens. Les Scorpions se métamorphosèrent par la suite en Zgozi Family avant que Chrissy Zebby Tembo lui-même se lance dans une carrière solo où il inventera son propre style – le Zamrock – la musique zambienne dans sa collision bénéfique avec le funk et le rock. Notons ici l’usage immodéré de la guitare fuzz mêlée à du beat africain de première main. Découverte du mois du Cabinet Curieux ! On vinyl.

– Inclassable Albert Marcoeur, dont Plonk & Replonk consacre un livre disponible au Cabinet. Qui est Albert Marcoeur ? Un chanteur français né à Dijon en 1947. Dire que la moutarde lui est rapidement montée au nez serait de l’ordre du pléonasme. Voilà plus sérieusement ce qu’en disent les dictionnaires spécialisés: “Féru d’expérimentations mélodiques, rythmiques et sonores, il n’en est pas moins un auteur de textes à la fois légers, drolatiques et décalés. Ses côtés expérimentateur, musicien éprouvé et amuseur lui valurent un temps l’appellation de « Frank Zappa français » et d’être parfois comparé au brésilien Tom Zé”. Il y a pire comme comparaisons. Le bouquin dont le Cabinet Curieux est l’unique dépositaire dans le Seeland, et plus largement encore, recèle des textes ciselés par Albert Marcoeur et “photomontagés” par Plonk & Replonk sur le thème du droit d’auteur tricolore. Titre du livre: “Mais Monsieur Marcoeur, comment se fait-il que vous ne soyez pas venu nous voir plus tôt ?!”

Blowfly, c’est tout un poème. Amusez donc la galerie en passant subrepticement un jour un disque de Blowfly sur votre platine pour faire danser l’assistance. Tout le monde dansera. Le funk présenté vaut James Brown et les vinyles de Weird World (label) sont d’une qualité sonore irréprochable. Tout en dansant, peu se rendront compte des paroles délivrées par Blowfly dans ses chansons: que du salace, des histoires de cul grotesques, des allusions tellement cochonnes et perverses qu’ainsi exposées en rythmes soutenus elles en deviennent drôles. Un grand moment de plaisir avec Blowfly dont le Cabinet présente ce mois de magnifiques exemplaires en vinyle.

– Histoire d’étoffer dignement ce mois de rentrée les bacs du Cabinet Curieux, une sélection de compilations signées Soul Jazz et Trojan, qui fête cette année ses 50 ans, est en stock. Quelques titres:

Studio One Women, Calypso Musical Poetry in the Carribean 1955-69, Nu Yorica ! Culture Clash in New York City, Coxsone’s Music The First Recordings 60-63, Boombox: Early Independant Hip-Hop Electro & Disco Rap 1979-1982, Punk 45 – French Connection, Deutsche Eletronische Musik (1979-1983). Et du côté des effluves ganja de Trojan: des rétrospectives soignées des oeuvres quasi intégrales et magnifiquement mises en CD de Desmond Dekker, King Tubby, Dennis Brown, Lee Scratch Perry ou encore Dandy Livingstone, sans compter Ken Boothe (quelle voix).

Enfin tout un lot de découvertes ou de redécouvertes: des bandes disparues d’Esquerita (avec une fantastique version du Sinner Man de Nina Simone), la réédition du premier album des Real Kids (dont l’énergie continue d’irriguer les jambes), plusieurs livraisons de Billy Childish (pour qui le nombre de disques doit dépasser la centaine), du cajun hypnotique, des rééditions de Lee Hazlewood et bien d’autres surprises encore. Welcome !

Dans le Cabinet Curieux de ce mois de juillet 2018… nous croisons:

(disques suaves d’été, films suintant la chaleur et divers bouquins éreintants)

THE BERT BERNS STORY aux manettes d’un nombre sidérant de productions et auteur à succès, BERT BERNS est à redécouvrir ce mois. Né dans le Bronx au plus fort de la Grande Dépression de 1929, Bert Russell Berns s’est imprégné des sons de Big Apple aux prémices de la Beat Generation à Greenwich Village ainsi que des rythmes endiablés de Spanish Harlem. Parmi ses premiers clients figurent Austin Taylor et Hoagy Lands. Mais le véritable démarrage de sa carrière s’opérera avec les Isley Brothers et Solomon Burke. Atlantic Records s’intéresse alors à son travail. Trois CD résument l’itinéraire de BERNS chez Atlantic mais aussi pour le compte de ses propres labels Bang et Shout sur lesquels Van Morrison et Neil Diamond signeront. Manque de peau: Berns meurt une nuit d’été de 1967 à l’âge de 38 ans d’une insuffisance cardiaque. A signaler également l’excellent documentaire sur ce personnage atypique à reluquer dans la poubelle du web : https://youtu.be/0UHgYnAngGc

LE LABEL PARISIEN “LE FURIEUX”: nouveau venu sur la scène parisienne, le label LE FURIEUX a pour ambition de faire connaître des artistes dont la mission est de renouveler la chanson française. Encore peu d’albums édités à ce jour… mais parmi eux quelques pépites. Ce label associatif fondé en 2015 a produit au total cinq albums, dont trois l’an passé. Le Cabinet Curieux vous propose notamment Achille (“Iris”) et Armelle Dumoulin (“Le Quatre”). De son vrai nom Donia Berriri, Achille a choisi ce pseudo en hommage à Achille-Claude Debussy. Au menu: quelques chansons sur l’actualité brûlante parmi lesquelles “L’apatride”, titre sur le déracinement et les difficultés de l’exil. Pour vous faire une meilleure idée du catalogue du label en voici le site:  http://lefurieux.org/

PLONK & REPLONK: tout avait débuté sous les meilleurs auspices grâce à la secte du Temple Solaire en 1994. Dans la foulée des barbecues géants de Cheiry et Salvan, quelques joyeux drilles de La Chaux-de-Fonds se mirent en tête de confectionner de redoutables T-shirts avec la mention: “Jo Di Mambro Barbecue Club”. Une folle production de briquets tout aussi redoutables suivit avec le slogan: “Secte du Temple solaire Fan Club”. C’était parti mon kiki. La suite est connue du grand public: cartes postales décalées, Roi de Suisse, nains de jardin en béton, etc. Le Cabinet Curieux se fait un honneur de présenter un échantillonnage des produits Plonk et Re….

THE SEEDS: auteurs de deux antiennes indémodables des sixties – “Pushin Too Hard” et “Can’t Seem To Make You Mine”, les SEEDS bénéficient désormais d’un relooking de leurs albums augmentés de nombreux titres inédits. Cornaqué par leur leader Sky Saxon, ce combo a influencé de nombreux groupes dans les années 70 et 80… jusqu’à aujourd’hui. Tout amateur/trice de rock psychédélique qui se respecte se doit d’avoir écouté les Seeds. Le Cabinet Curieux vous suggère les excellentes rééditions complétées et remastérisées suivantes: le tout premier album éponyme, “A Web of Sound” et “Future”. Prochaine étape: la cryogénisation de Sky Saxon lui-même ! Merde Sky Saxon est déjà mort. C’était en 2009 à l’âge canonique pour un rockeur de… 71 ans.

GEORGE JACKSON – la redécouverte du mois: enregistrée à la fin des années 60 début des années 70 à Memphis, la “soul attitude” de George Jackson n’est pas sans rappeler des noms aussi prestigieux que Wilson Pickett ou James Carr. Après un premier coup de projecteur sur le blues rural des origines, le Cabinet Curieux entame cet été le début d’un flash-back sur lasoul des origines avec dans les bacs de splendides rééditions des Impressions (le premier groupe de Curtis Mayfield), des Valentinos, de Sly Stone (“Precious Stone”, objet inédit). Sans compter Melvin Sparks, Allen Toussaint, Terry Callier, Clarence Carter ainsi que l’âme du bayou dans toute sa splendeur.

Dans le Cabinet Curieux du mois de juin 2018… nous croisons:

ANALOG AFRICA

Après tout ce que l’Occident a déjà écrit de “prometteur” sur le continent africain… sans demander leur avis aux principaux intéressés, le label allemand Analog Africa remet la hutte au milieu du village. Du Ghana au Bénin, du Mali au Togo, des ensembles sont allés bien plus loin que James Brown et sa funkitude dans les expérimentations polyrythmiques des années 60 aux années 80. Qu’ils se nomment Hamad Kalkaba (Cameroun), Bambara Mystic Soul (Burkina Faso) ou l’Orchestre Poly-Rythmo de Cotonou (Bénin), chacun y est allé de sa recherche aux tréfonds du subconscient. Cela ressemble à du vaudou, à des danses hypnotiques… mais cela peut aussi ressembler à de la rumba endiablée. L’axe Lagos-Addis Abeba-Accra a été dépoussiéré par la grâce d’un jeune blanc bec du nom de Samy Ben Redjeb, tête pensante d’Analog Africa, dont le CABINET CURIEUX s’est procuré la substantifique moelle sous format LP (objet d’excellente tenue où les couleurs éclaboussent les pochettes) et CD. A noter notamment la présence dans les bacs de la récente sortie (18 mai) du Volume 2 de la compilation “African Scream Contest”.
Edition spéciale en CD pour le 40e anniversaire de la sortie du premier album de la bande à Lemmy. “Metallic rock’n’roll overkill !” affirme d’emblée le label Chiswick, auteur de ce brûlot composé des 8 titres d’origine (“Vibrator”, “Lost Johnny”, “Train kept a-rollin”, etc) augmentés d’une douzaine de morceaux inédits ou mixés selon d’autres recettes. Pour un été torride !
Le label mythique STAX, qui a révolutionné la soul music en signant notamment Otis Redding ou Isaac Hayes, a toujours pris soin de ne jamais oublier le restant de l’écurie des génies hurlants de Memphis. Et parmi les brebis les plus expressives: les Staples Singers du père Pop Staple et de ses filles. De la magie en boîte, des sermons à renvoyer le révérend afro-américain Michael Curry – celui qui a choqué la reine Elizabeth II lors du récent mariage princier britannique entre Harry et Meghan – au rang de gentil animateur de foire. Le Cabinet Curieux se fait un honneur de réhabiliter les Staple Singers dans des rééditions CD de haute voltige. A découvrir également le duo féminin Judy Clay et Veda Brown dans “The Stax Sold Recordings”
C’est l’histoire d’un seul disque ! Mais quel disque ! Son auteur Baby
Huey conversait déjà avec les asticots lorsque l’OVNI a été publié en 1971 avec ce titre à moitié trompeur: “la légende vivante”. Cette dernière avait disparu une année plus tôt, victime d’une attaque cardiaque. Baby Huey souffrait d’un surpoids notoire. Curtis Mayfield, producteur sur ce coup-là, a finalement eu fin nez de conserver les bandes. Des pépites illuminent ce CD en vente au CABINET, parmi lesquelles une reprise à couper le souffle de A CHANGE IS GONNA COME de SAM COOKE.
Surnommé “Mississippi” Joe Callicot (1899-1969), ce fidèle lieutenant du Delta Blues s’improvisait déjà chantre de la Grande Dépression en pourfendant l’air du sud en 1929 avec cette bravade anti-blancs sous des airs de jamboree “Cottonfields blues”. Ce n’est qu’à partir des années 60 que le nom de Callicot s’incruste dans les bacs des disquaires. Parmi les chansons à retenir, “Great Long Ways From Home” et “Hoist Your Window and Let Your Curtain Down”. Joe Callicot a été enterré dans le cimetière du mont des oliviers d’une église baptiste de Nesbit, dans l’Etat du Mississippi. Un mémorial à sa gloire a été dressé sur place et régulièrement entretenu grâce aux fonds d’une brochette de rock stars parmi lesquelles John Fogerty.
DISPONIBLE AU CABINET CURIEUX SOUS FORMAT VINYL LP ou CD.
THE WATCHMAKING METROPOLIS ORCHESTRA “Dritto Dritto” + disques du label Burning Sounds de La Chaux-de-Fonds: le Cabinet Curieux compte quelques exemplaires remarquables de ce livreur de pizzas maison trash-garage-punk-alternatif. Au menu: Hallelujah Mothers Helpers, Julien et Yvan, les Watchmaking, The Red County, The Staches…. 100% produits du cru.
……

Dans le cabinet des curieux du mois de mai… nous croisons:

– “ALICANTE” par DUNIA MIRALLES & MONOJOSEPH, CD audio, 2018, textes, musique, illustration (Torticolis)
“Une femme, en vacances dans la région d’Alicante, souffre de l’absence des deux hommes dont elle est
amoureuse”. Canevas de l’OVNI commis par l’écrivaine chaux-de-fonnière Dunia Miralles, accompagnée
musicalement pour l’occasion par Jérôme Ballmer (Jivaros Quartet, Sunday Ada). L’audio-CD – texte
livré sous format musical – a le vent en poupe (Eicher s’y est mis). Movida à Alicante à la
sauce Chaux-de-Fonds Chaux-de-Froid. Joli petit objet à ne pas mettre entre toutes les mains (sales).

– This is TROJAN SKA: pour fêter les 25 ans du fameux défricheur de “jamaican roots”, Trojan agence ici le meilleur
du ska old skool. Quelque cinquante titres répartis sur 2 CD du meilleur tonneau
de rhum agricole de Jamaïque (Desmond Dekker, The Maytals, Lee Scratch Perry, Skatalites, entre
autres). Un joyeux livret de 16 pages guide le curieux dans les méandres de Kingston. Tous les interprètes n’ont pas
connu des destins aussi florissants que les musiciens précités. On déniche par exempe Lord Tanamo et son “I’m in the Mood for Ska”, antienne digne d’un programme politique. Ou Bongo Man. Sans oublier les Cherry Pies. Vous voulez savoir d’où surgissent les toussotements du reggae… ruez-vous sur cette compil double CD (50 chansons).

– TOWNES VAN ZANDT: Icône absolue pour Sonic Youth, Tindersticks et tant d’autres groupes qui n’ont juré que par le nom de cet illustre inconnu, Townes Van Zandt. Ecorché vif, joueur impénitent, buveur à gorge déployée dont la mort il y a 21 ans aura désespéré les plus désespérés. Ceux pour qui la country music ne se résumait pas à Nashville ou même à Johnny Cash. Townes Van Zandt était un bluesman blanc, aussi étonnant que cela puisse paraître. Outre “Pancho and Lefty”, le Texan – en réalité mi-folk mi-country – aura accouché d’un nombre impressionnant de chansons à faire pleurer dans les chaumières. Le Cabinet Curieux vous invite à redécouvrir en format CD ou LP les incunables suivants: “Our Mother The Mountain”, “Delta Momma Blues”, “For the Sake of the Song”… Que du bon !

– BIPP “French synth-wave 1979-1985”: nous voilà dans la new wave des années 80 – queue de la planète punk – par l’entremise de cette guillerette compilation du label parisien Born Bad. Au générique: que de l’obscur, de l’éphémère. Vous avez aimé Jacno ou Bijou, cet objet devrait combler votre bonheur: bip bip froids et robotiques nimbés de notes aigrelettes au Casio, Korg et autre ARP Omni. Chiche que les noms des groupes ne diront rien à personne. Leur carrière dégage les effluves du pire et du meilleur. Relevons des perles dans ce défouloir synthétique où les sons “made in 80ies” ravivent des émois. “Contagion” de A Trois dans les WC (qu’Alain Maneval avait osé diffuser dans POGO, son émission sur Europe 1), Les Visiteurs du Soir (Orléans) “Je t’écris d’un pays”, Vitor Hublot “Aller simple” ou encore Casino Music. A l’heure où l’intelligence artificielle croit nous posséder, ce disque illustre le temps légèrement décalé où l’humain s’extasiait devant les prouesses de la technologie nouvelle.

– PIERRE VASSILIU: l’auteur de l’intemporel “Qui c’est celui-là” (“scie idiote et délicieuse de l’époque giscardienne”,
Libé) nous fait découvrir les faces plus inattendues de sa personnalité. Le label Born Bad – encore lui – lui consacre une anthologie titrée tout simplement “Face B” et dont la disponibilité est toute relative en Suisse, à l’exception du Cabinet Curieux. Prisonnier de son rôle d’amuseur public, Vassiliu s’est frotté aux contingences du music bizness, Barclay ne souhaitant publier que des chansons dites “rigolotes” du Roumain d’adoption. Pépites oubliées, singles cultissimes avec l’épatant “En vadrouille à Montpellier” sorti en catimini en 1974, sorte de longue complainte immorale étonnante d’intensité sexuelle. Rassurez-vous: pas de trace ici de “Qui c’est celui-là”…

– JUNIOR KIMBRAUGH: la note blues du mois est assurée par David “Junior” Kimbraugh, presqu’aussi inconnu aux profanes que Scott Dunbar chroniqué il y a un mois. Mais grâce à l’application du label Fat Possum (Oxford dans le Mississippi), nous voilà en phase de rattrapage. A écouter Kimbraugh, c’est à se demander parfois si Hendrix a vraiment existé ou s’il n’était qu’un clone habile de la déferlante du Sud. Le blues n’a jamais été autant d’actualité.

– ROCCO RISOTTO CORNER: les disques improbables de DJ Rocco Risotto, l’homme dont le grain de riz ne colle jamais, Oncle Binz aussi. Dans ce coin de paradis, retrouvez les LAMBRETTAS, HOLLY GOLIGHTLY, LOVE, IGGY & THE STOOGES, THE CYNICS, KING AUTOMATIC, et d’autres qui ne demandent qu’à être connus ou achetés (à jeter).

– ACE RECORDS (LONDON): information et même “breaking news”, le Cabinet Curieux a le plaisir de vous proposer dès le 11 mai toute une brochette de disques (CD) labellisés ACE RECORDS d’une rare qualité, en provenance de perfide Albion. Petit aperçu: Mötorhead – 40th anniversary edition of the first album / Wilson Pickett sings Bobby Womack / Gil Scott Heron – Small Talks at 125th And Lenox / Screamin’ Jay Hawkins – The Planet
Sessions / Rozetta Johnson / Big Mama Thornton / Stax / Seeds / First album of The Fugs /
Terry Callier / and more…

Dans le cabinet curieux d’avril on côtoie Scott Dunbar et son irradiant album de blues rural “From Lake Mary” enregistré en 1972 par ce natif de Deer Park, ville située entre le Mississippi et le lac Mary au sud de Natchez. Album corrosif. (En CD, straight from the Mississippi). (label: Fat Possum Records)

Goldberg, de Minneapolis. auteur de “Misty Flats” (1974), mine d’extatique désolation, sorte de Neil Young sous sédatif contemplant le désastre américain plus de 40 ans avant l’arrivée de Donald. Ce disque est d’une insidieuse beauté presque maladive (disque du mois, en CD) (label: Light in the Attic)

Betty Davis, vitupérante insoumise et conscience personnifiée de la différence qui fera chavirer Miles Davis à lui faire tomber la cravate. L’étincelle, quelques disques puis une retraite à l’abri du monde mais une voix qui percute encore le micro à chaque envolée. Eternelle Betty. Comme le groove qui ébranle ses morceaux. Réédition en vinyle et CD dans un état de conservation mieux qu’impeccable. (“They say I’m different”, “Is it Love or Desire”, “Betty Davis” …… (vinyle et cd, la traduction sur vinyle de ce brûlot qu’est “They say I’m different” est redoutable !).

Vestale: Berlin-Genève-Berne-La Chaux-de-Fonds. Une odyssée pour ce super groupe bric-brac inspiré autant par Brecht que par le romantisme allemand post-rock. Quasi kraut. Au générique Nico Pasche, Emmanuel Pinget, Stéphane Ballmer (ex-Jivaros Quartet) & friends A noter la rime riche: “j’ai chopé des chaude-pisse, t’as repris du pastis” in “Perséphone”). Fallait tout de même oser. Vivement recommandé un soir menaçant d’orages.

Julien & Yvan “Arschlochmusik für Arschloch People Vol.2” publié par Burning Sound, le label chaux-de-fonnier de tous les excès qui assume à lui seul le retour de la cassette sauvage dans la région. Le nouvel avatar des frères pétards sent bon le sable chaud et les cocotiers. Non pas du tout. Cela dégage une forte odeur de rage longtemps contenue mais rythmée. Indispensable K7 dont la production impeccable en plastique rouge vaudra la peine un jour de finir, elle, à la mer…. comme une bonne vieille bouteille en pet ou une top sensuelle paille de cocktails.

Olivensteins: “Fier de ne rien faire”. Un nom de groupe en hommage au fameux docteur Claude Olivenstein – coupe de cheveux dynamitée qui rappelons-le avait fait comprendre aux masses ignorantes que la toxicomanie n’est pas qu’une partie de plaisir. Ses travaux sur le LSD n’ont pas laissé tous les étudiants de la Sorbonne indifférents en 68. Les Olivensteins sont notamment l’auteur de cet indispensable hymne au j’men foutisme “Fier de ne rien faire”, chanson co-écrite par Dominique Laboubée des Dogs. Une magnifique occasion de replonger dans les années 80 où les cordes des guitares étaient vivement acérées. (En CD ou vinyl, from Paris, Ville-Lumière parfois éteinte).

Disque La Rayé: “Sécurité sociale”: au cours de l’année 66, un rythme nouveau s’est répandu sur les trottoirs de Spanish Harlem, le boogaloo. Dans les Antilles françaises, on se contorsionne alors les membres supérieurs et inférieurs sur ces sonorités latino-africo-urbaines. De Fort-de-France à Pointe-à-Pitre, les grands orchestres antillais se mettent au diapason. Le boogaloo débarque dans les îles à sucre. Merveilleuse et sirupeuse compilation commise par le label Born Bad avec en bonus un slogan qui n’a pas pris une ride: “Sécurité sociale”. (CD+vinyle).

And more in stock and coming soon…..

Pierre Vassiliu (Face B 1965-1981), The Family of Apostolic, Lee Hazlewood, Real Kids. Billy Childish, T-Model Ford, RL Burnside, Junior Kimbrough, Lee Moses, … many more (new, second hand, singles, lp, cd, k7, dvd…)  

Spit it out !