“Du nord au sud de l’Europe, à la fin de la Renaissance, surgirent d’étranges endroits: secrets ou visibles, dans des demeures royales comme chez des notables ou des apothicaires, tenant à la fois de l’antre du magicien et de l’officine, les cabinets de curiosités rassemblaient, dans un espace souvent compté, un incroyable capharnaüm couvrant murs et plafonds, débordant des tiroirs et des cassettes. (Extrait de “Cabinet de curiosités”, Patrick Mauriès, Gallimard, 2002).

CABINET CURIEUX (disques introuvables, films culte et retors et bientôt bouquins sulfureux…)

CONSULTATION SUR RENDEZ-VOUS A BIENNE : e-mail à alaingonzo@hotmail.com ou sms 077 401 45 74

 

L’ensemble du catalogue du Cabinet Curieux & more sur les deux tableaux Xcel ci-joints ! Possibilité d’obtenir ces objets par courrier: Stock Cabinet Curieux – Ricco Risotto Records Fundation

LE CABINET CURIEUX DE MAI VOUS OBLIGE AUX TORTURES SONORES SUIVANTES…. 

JIM FORD “Harlan County (LP) (CD on request): “Le pire blanc blec du circuit”. C’est ainsi que Sly Stone a qualifié un jour Jim Ford, auteur-compositeur et interprète du Kentucky. Jim Ford, dont le Cabinet Curieux est fier de présenter ce mois-ci “Harlan County” , avait troussé en son temps – soit à la fin des années 1960 – des chansons pour les plus grandes voix de la soul music (Aretha Franklin, Bobby Womack, Temptations). Mais comment cela se fait-il qu’un blanc bec comme lui ait pu à ce point percer la magie noire en participant entre autres au torride “There’s a riot goin’ on” de Sly and the Family Stone ? Mystère et boule de gomme. Le film pathétique de la fin de sa carrière teintée de drogues, d’opportunités manquées, de redrogues et de re-opportunités manquées, ne doit pas faire oublier qu'”Harlan County” est un pur chef-d’oeuvre total paru sur la microscopique label Sundown. Et qui, selon les spécialistes, est la synthèse absolue et à jamais inégalée entre les Beatles, Led Zeppelin et Creedence Clearwater Revival.

KAREN DALTON: “In my own time” + “1966” (LP/CD): Le film suisse d’Emmanuelle Antille – “A Bright Light” – a récemment remis un coup de projecteur blafard sur le visage déjà couleur diaphane de Karen Dalton. Blanc sur blanc égale blanc. Etre hybride (dure et tendre comme un steak), la native de l’Etat de l’Oklahoma a réussi la gageure, à la fin des années 1960, de redonner tout son sens au mot galvaudé de bohémienne. Après avoir fait pleurer Bob Dylan dans une chaumière de Greenwich Village, elle est allée parachever une vie déjà bien remplie (de substances diverses) au fin fond du mythe américain… Woodstock. Rien de tel qu’une Dalton pour donner le bourdon et refiler le cafard. Mais rien de mieux aussi pour nous faire croire à la grâce.

DONNIE ET JOE EMERSON: “Dreamin’ wild” (LP): Les deux frangins Emerson n’ont apparemment pas eu froid aux yeux au moment de publier en 1979, en pleine vague new-wave néo-romantico-gothique, ce “Dreamin’ Wild” transportant les auditeurs dans une autre stratosphère sonique. Ce disque – enregistré en famille dans leur studio rural (home studio) de l’Etat de Washington – donne toute la mesure du talent au ralenti des deux cabotins. Entre pop acidulée, funk à la limite du psychédélisme ,accompagné d’une touche de ce que d’aucuns nomment du “yacht rock”… du rock sur un bateau ? Etonnant: c’est leur père, fermier de son état, qui avait donné les premiers coups de pouce aux fistons pour accoucher de l’O.V.N.I.

DOMINGO JUSTUS: “Juju music in Nigeria 1928, volume 1” (LP): Il s’agirait d’enregistrements parmi les plus anciens répertoriés dans la grande encyclopédie du folklore africain. Mais personne n’est encore de ce monde pour le prouver. Ces bandes auraient été en vérité enregistrées à Londres – là où résidait un temps Domingo Justus – après avoir bourlingué du Lagos (pays d’origine) au Nigéria, en passant par le Brésil. Disque en forme de transplant culturel au moment où la Grande-Bretagne expérimentait le melting-pop sur fond de colonialisme bienveillant (à voir….). Une balade dans le temps avec JUSTUS.

LOMA: “A Soul Love Affair, volume 3 et 4” (LP): De 1964 à 1968, le sous-label de soul music Loma, propriété du label Warner, a déverséssur le marché de la musique une bonne centaine de 45 tours. L’occasion nous est désormais offerte de pouvoir les écouter sur de rutilantes compilations sorties sur le label Light in the Attic à Seattle. De la musique bourrée de coolitude et très indiquée pour les jambes… signée (la musique, pas les jambes) des divas Lorraine Elisson, Linda Jones. Des productions plus sophistiquées de la main de Richard Tee ou de George Kerr. Des perles inconnues dépoussiérées et remises au goût du jour.

THE KITCHEN CINQ: “When the Rainbow disappears” (LP/CD): Bien qu’adoubés par le maître-chanteur Lee Hazlewood en personne, les Kitchen Cinq n’ont jamais percé… Pour le plus grand bonheur de celles et ceux qui redécouvrent leurs joyaux cinquante ans plus tard. Du Texas à Los Angeles, c’est la quête du Graal de l’Ouest pour les auteurs de cet arc-en-ciel évanescent aux allures d’album oublié de Beach Boys légèrement sous acide (ce qui correspondait parfois à la réalité), dont la trajectoire a finalement croisé celle du grand moustachu aux chaussures noires, Lee Hazlewood, dont le CABINET est fan.

WOODCHUCKS: “Crusin’ for surf bunnies” (LP): On s’ennuie rarement en croisière avec les Surf Bunnies, avatars du défunt Dick Dale, dont nous saluons ici les bienfaits légués à l’humanité et à la science. Des plages instrumentales de surf music enregistrées à l’aube des années 1960 par le moustachu cité précédemment. Des morceaux reconnaissables… puisque certains d’entre eux ont été glorieusement repris par Dick Dale, les Ventures, les Astronauts, jusqu’à John Paul Jones de Led Zeppelin. La bande originale parfaite pour un été au soleil carbonique, me glissait récemment Roco Risotto. Right !

Nous croisons également au débotté… au Cabinet Curieux ce mois:

LEE SCRATCH PERRY / MAX ROMEO / DAVID BOWIE / CHISWICK RECORDS / ANN PEEBLES / LEE MOSES…

LE CABINET CURIEUX D’AVRIL… is it too late ? Not too late ?
Nous y croisons pêle-mêle à boire et à manger…

TOWNES VAN ZANDT – “SKY BLUE” and much more:  Accoudé au bar comme Big Lebowski sirotant son White Russian, au besoin s’enfilant cette substance jusque dans son avant-bras, au besoin grillant toute l’oseille engrangée en tournée dans des virées sans lendemain à Las Vegas, au besoin brûlant tout ce qui reste encore de petites coupures – c’est à dire trois fois rien – en alcools. Voilà résumée la vie d’un raté. Mais ce raté à la voix si fraternelle s’appelle TOWNES VAN ZANDT. Autrement dit: le plus grand chanteur et compositeur de chansons country que la terre ait jamais porté. Il est temps pour les Millennials de découvrir “Pancho & Lefty”, “No place to fall” ou “Flyin’ Shoes”…. sans quoi…pas de chocolat ! Pour les autres, ceux qui savent, parution ce mois de “SKY BLUE” – une brochette d’inédits – pour fêter les 75 ans de celui qui n’existe plus. En STOCK en CD et/ou VINYL: “Delta Momma Blues”, “Our Mother The Mountain” et le gig au Old Quarter de Houston. 

SCOTT DUNBAR – From Lake Mary:  Une plongée dans les terres cotonneuses du Mississippi… à l’heure où Chicago élit une femme afro-américaine et homosexuelle. Qu’en aurait pensé SCOTT DUNBAR de cet ultime pied de nez à l’histoire, lui fils d’un ex-esclave, né en 1904 à Deer Park, entre le Mississippi et le lac Mary, au sud de Natchez, la Mecque du blues des champs. Une première guitare bricolée à l’âge de 8 ans au moyen d’une boîte à cigares et de quelques bouts de bois éparpillés dans la nature. Analphabète, il ne quittera guère Deer Park, se consacrant vers la fin de sa fin (décès répertorié en 1994) à la pêche et à endosser le rôle du guide à touristes sur le lac Mary. Son blues n’est pas poli. Il dévisse. EXTRA. RUEZ-VOUS SUR “FROM LAKE MARY” dispo au CABINET.

GEORGE MITCHELL CD COLLECTION SET: Pour rester sur le tempo lancinant du blues, le coffret du mois est un résumé sur 7 CD de l’immensité et de la richesse, et de la profondeur de la détresses des esclaves traités comme de la merde par les WASP américains de jadis, que nous retrouvons d’ailleurs étrangement autant abrutis aujourd’hui qu’hier. Que contient cette merveille de coffret anthologique: un résumé de de la collection du producteur et historien de la musique George Mitchell. Entre 1960 et 1980, ce passionné fada passa une bonne partie de son temps à parcourir le sud des States pour y enregistrer tout ce qu’il trouvait sous la main de vieilles scies… avant qu’elles ne s’estompent. Cecil Barfield, Buddy Moss, Leon Pinson, Houston Stackhouse, Big Joe Williams… usw…

BELMOND BLACK – NEVER TOO LATE: Le Camérounais Belmond Black avait sorti cet ovni de soul music sur fond de pédale wah-wah en 1979 sur un petit label du Nigéria… puis pschuitt… l’objet copié alors à peu d’exemplaires a plus ou moins sombré dans l’anonymat le plus complet. Saluons donc l’initiative du label Kena Records d’avoir su réhabiliter ce splendide mariage entre l’Afrique, la Wah Wah et Marvin.

KAMAL KEILA – MUSLIMS AND CHRISTIANS:  Le mystérieux Kamal Keila aurait été adoubé par le parrain de l’afro-funk Fela. Difficile de trouver génuflexion plus royale. Pourtant, et le label Habibi Funk (Berlin) l’atteste, … Kamal Keila n’a jamais vraiment décollé dans les charts. Du moins à notre connaissance. Alliage de suavité et d’explosivité, entre jazz soudanais et funk soupoudré de sonorités éthiopiennes… les oreilles perchées vers d’autres contrées où la laïcité avait été prônée un jour par Kamal Keila.
DISPONIBLE SOUS FORMAT VINYLE (DOUBLE ALBUM) AU CABINET CURIEUX D’AVRIL.

UNLOVED – HEARTBREAK: Et si tous les vieux clichés genre “Twin Peaks, Badalamenti, Lynch, Julee Cruise, Mulholland Drive, L.A….” étaient maintenant réunis sous le même toit. Comme si Unloved – loué par l’Algérien Etienne Daho – n’avait jamais réussi, non plus, à renverser la table des indécrottables stéréotypes demeurant ad aeternam attachés à certaines villes. Atmosphère, atmosphère. Unloved commet un album qui a tendance à foutre les jetons. Ce qui n’empêche de loin pas de siroter un pastis. Le CABINET Curieux suggère Unloved en attendant l’été (en CD ou LP).

​MICHAEL CHAPMAN – TRUE NORTH: Enregistré au Pays de Galles, “True North”, dernier avatar du maître britannique de la guitare laid back Michael Chapman, explore le peu de variations tonales qu’offre une voix proche des tréfonds, des trépas, et de tout ce qui s’ensuit. Amatrices et amateurs du Johnny Cash période Rick Rubin et American Recordings, “True North” est peut-être la pièce qui fait défaut au puzzle, le chaînon manquant. Moins imprégné de country que Cash, Chapman n’en délivre pas moins une oeuvre crépusculaire teintée de timides éclairs d’espérance… si peu. Il avoue “it’s too late…”. “True North”: en CD et vinyle – sortie début 2019 sur le label Paradise of Bachelors.

Egalement disponibles au Cabinet Curieux d’avril 2019:
  • Royal Trux – les traits plus tirés que jamais – revient à la surface avec “White Stuff”
  • X, combo à la punkrockab attitude, réédite sur Fat Possum Rec “Los Angeles”. 
  • Junior Kimbrough: un des bluesmen du sud les plus créatifs – le Cabinet vous propose une grande partie de son oeuvre faite de beaux reliquats pressés à Memphis… 
  • RL Burnside: “Com On In”, “Mr. Wizard” and more (RL for rural blues Burnisde)
  • Ann Peebles disponible en vinyle, avec l’extraordinaire “I Can’t Stand The Rain”
  • Les compilations Soul Jazz “Black Man’s Pride” …. de l’excellent old skool reggae 
  • L’écurie du label Chiswick Records dans un coffret à l’iconographie soignée 
  • L’Amérique se rebiffe (“Songs of Resistance – 1942-2018”) (Waits, Earle, Ribot) 
  • La scène disco-funky (1970-1980) avec “Lovin’ Mighty Fire”…. from JAPAN. 
  • Jon Savage dégoupille les années 1965, 1966, 1967, 1968 (compils fantastiques !) 
  • A VENIR: d’autres chants d’esclaves, de prisonniers, de colonisés…

ACHTUNG ZUVIEL SPASS: LE CABINET TIENDRA SES ASSISES AU 1ER FLOHMI 2019 SUR LA PLACE DU RING (Vieille Ville) à BIEL-BIEL LE SAMEDI 13 AVRIL – CE N’EST PAS UN VENDREDI !
De 07h00 à 12h00 ! cd and lp for peanuts !

Dans LE CABINET DE MOINS EN MOIS FRILEUX de MARS 2019… nous croisons pêle-mêle:

MAHADEV COMETO – “FREEDOM” – DISPONIBLE EN FORMAT VINYL ET CD (DISQUE DU MOIS)
Un voyage extralucide dans l’autre monde: l’Inde. George Harrison s’y était pris les pieds dans le tapis, entraînant les Beatles dans une descente d’acide sulfurique. Brian Jones en avait fait de même provoquant le courroux de Keith Richards. D’autres s’y sont essayé avec plus ou moins de succès et de maîtrise. Tout était cuit pour que le plus punky des Young Gods, Al Comet, s’enfile dans cette voie sans issue en prenant congé, voici quelques années déjà, du groupe rock le plus “top credibility” de Switzerland (tamponné Melody Maker). Pas de mélodie ici… des mélopées ! Ce qui n’est pas tout à fait la même chose. Et une issue – aussi heureuse soit-elle – est-elle nécessaire… ? Voilà ce que questionne cet opus sans âge et sans référent, mélangeant sitar et bidouillages électroniques. C’est le propos de ce cri épris de liberté que Mahadev Cometo lance au monde civilisé. Une fureur continue après la rage des années 1990 et 2000. Un calme tout relatif avant la tempête.

EBO TAYLOR – une bonne partie de l’oeuvre disponsible en vinyle au Cabinet Curieux dès le 10 mars !
Il y a eu Fela et Ebo Taylor: deux rois déclarés de l’afrobeat. Après les récentes rééditions de Fela Kuti sur le label new-yorkais Knitting Factory, éclairage ce mois-ci du CABINET CURIEUX sur EBO TAYLOR, dont la très groovy maison de disques de Brighton (UK), Mr. Bongo, réédite une bonne partie de l’oeuvre pléthorique. L’arrangeur et compositeur ghanéen de génie de Cape Coast aura réussi à hisser le style “Highlife” (funk afro électrifié et électrisé) à un niveau jusqu’à aujourd’hui encore inégalé. Ebo Taylor – qui est à notre connaissance toujours vivant – a commencé à se forger un style bien à lui en oeuvrant d’abord au sein du Stargazers Band puis du Broadway Dance Band. Des pérégrinations entre Ghana, Togo et Burkina-Faso. Avant d’aller parfaire ses connaissances musicales à Londres dès 1963 et y rencontrer sur place Fela Kuti. LA suite: la découverte de la trompette magique de Miles et du “spirit” de Coltrane. De retour au Ghana deux ans plus tard, Ebo s’est chargé de fusionner les sons traditionnels de son pays natal avec la soul, le funk et l’afrobeat de son compère Fela. Les disques d’Ebo Taylor étaient jusqu’à présent difficiles à trouver par ici. ET BIEN MAINTENANT CE N’EST PLUS LE CAS GRACE AU CABINET CURIEUX !

UNE MINE D’OR – The ULTIMATE JAZZ ARCHIVE :
Ils sont censés être tous là ! De Scott Joplin à King Oliver, de Buster Bailey à Luis Russell. En tapant davantage dans le blues… de Bessie Smith à Ma Rainey ou encore de Tampa Red à Josh White… Soit une multitude – est c’est le propre d’archives dites ultimes – de petits plateaux de l’improbable collection du label hambourgeois Membran: THE ULTIMATE JAZZ ARCHIVE. Chaque objet contient 4 CD… et c’est la dynamite comme disait la pub. De qualité pure de chez CD de qualité. Vous avez lu: ULTIMATE. Le Cabinet dispatche et explose la collec avec ferveur !

NANCY SINATRA – “COUNTRY MY WAY”, “MOVIN’ WITH NANCY” ET “SUGAR”!!!
“Country, My Way”, “Movin’ with Nancy” et “Sugar”: trois albums détonants commis dans les années d’avant-guerre froide
par la fille de Frankie-la-menace. Les trois objets sont disponibles au Cabinet dans un état de conservation proche de la perfection.
Lorsque la rejetone de The Voice assurait aux temps jadis et bénis du marshmallow-roi “It’s such a pretty world, today” – sur “Country My Way” – on pouvait la croire sur facture. Dans la mesure où cette chanson évoquait déjà avec nostalgie un passé ô combien révolu.
Ensuite elle assénera “I’m gotta get out of this town”…. et là encore, pas de souci, sûr qu’elle prendra ses cliques et ses claques.
Allons donc prendre un peu la poudre d’escampette, la clé des champs et tout ce que vous voulez. Un beau K-Do de Pâques et de Noël !

KAK : “KAK-OLA” – LOIN D’ÊTRE DE LA MUSIQUE A CHIER !
Le UFO du mois de mars 2019 du Cabinet Curieux est sorti en réalité…. en janvier 1969 sur EPIC
RECORDS… IL Y A 50 BALAIS ! C’est dire si l’on n’a pas fait mieux depuis lors ! Sous le titre de “Kak-Ola”,
cet OVNI a été réédité dans sa plénitude entière par Big Beat Records. Nous le conseillons fortement
aujourd’hui à tous les insomniaques qui peuplent cette planète et ils sont de plus en plus nombreux.
Un brin d’histoire: Californie sous acide, Manson délirant avec sa secte, des trucs planants pour faire
avaler le paysage tellement sidérant et les collines tellement plus vertes qu’ailleurs.
En format CD … mais quelle belle envolée dans le temps…

Egalement disponibles au Cabinet Curieux en mars 2019:

  • Millie Jackson et l’incroyable furie soul que constitue “Exposed” rafraîchi par Ace Records (en format vinyle) 
  • Les très extensibles compilations de Soul Jazz “Black Man’s Pride” …. de l’excellent old skool reggae 
  • Une très grande partie de l’écurie du label Chiswick Records dans un coffret à l’icononographie soignée 
  • L’Amérique se rebiffe avec “Songs of Resistance – 1942-2018” (Tom Waits, Steve Earle, Marc Ribot) 
  • La scène disco-funky – des années 70 au début des années 80- avec “Lovin’ Mighty Fire”…. from JAPAN. 
  • Les surprenants DONNIE & JOE EMERSON et leur “Still Dreamin’ Wild – The Lost Recordings 1979-1981” 
  • SUN RA: “THE EARLY ALBUMS COLLECTION 1957-1963” (dans la collection Enlightenment, 2018)
  • REAL KIDS: (only for fans)…. des enregistrements ressortis des limbes par Crypt Records (sur vinyle) 
  • A VENIR: un film – documentaire sur les fabuleux SEEDS avec une B.O. pleine de surprises en mars 2019..
  • A VENIR: des chants d’esclaves, de prisonniers, de colonisés, de pauvres types et de pauvres nanas 
ACHTUNG ! PLATTENBÖRSE – BOURSE AUX DISQUES – BIEL-BIENNE – SAMEDI 30 MARS 2019 
SALLE FAREL, QUAI DU HAUT 12, BIENNE. De 13h00 à 18h00.  

Dans le CABINET CURIEUX de FEVRIER 2019… nous croisons pêle-mêle: 

ACETONE (1992-2001): Première anthologie sérieuse (2 LP) de ce combo éthéré de Los Angeles sur le label défricheur de Seattle Light in the Attic. Neuf ans sur l’arrière-scène à très peu jouer les entremetteurs de cirque sur les planches – entre 1992 et 2001 – reclus dans leur “home sweet home” aux palmeraies alignées comme autant de cercueils d’un âge révolu. Tout baignait dans l’huile dans les années 90… Voilà sans doute pourquoi ACETONE a plongé tête baissée dans le spleen virtuel de L.A. Tout y est question apparemment de feelings et de moods. Let’s dance….

BUTTSHAKERS: (Special Latin Soul Boogaloo), autrement dit remuez-vous le fessier, soit la dernière 
invitation à se déhancher le popotin de la série “BUTTSHAKERS”. Cette nouvelle livraison de 
Mr Luckee Records a du sang latino dans les veines. Ils sont tous là: Mr Guaguanco, Pepe Fernandez 
et son orchestre, Monchito (lui aussi avec son band), Paul Serrano (qui n’a rien à voir avec du 
jambon), le sublissime Perez Prado et le non moins redoutable Pete Terrace, sans compter CELIA CRUZ.
QUINZE TITRES D’UNE SUAVITE EPROUVéE DISPONIBLE AU CABINET CURIEUX. HASTA LA VISTA.
MANCHESTER – A CITY UNITED IN MUSIC (Ace Records): Manchester et soninnocence – déjà profondément ébranlée par l’inconstance du coaching et l’absence de résultats de José Mourinho – n’a toujours pas digéré l’attaque frontale terroriste subie durant le concert d’Ariana Grande à la Manchester Arena le 27 mai 2017 (plus d’une vingtaine de morts, plus d’une centaine de blessés). Ace Records nous a heureusement épargné Ariana Grande pour cette nouvelle compilation de haute tenue sous le titre hommage de “Manchester – une ville unie par la musique”.  Au générique: le “Dirty Old Town” d’Ewan McColl et Peggy Seeger, John Mayall, les Measies, les
Mockingbirds, mais aussi… les Buzzcocks, Gerry & The Holograms (déjà), Alberto Y Los Trios Paranoïas (déjà aussi), et pour finir Joy Division, New Order, Stones Roses et Oasis c’est bon, c’est bon.
CLUSTER: Plongée abyssale dans le monde des requins, des huîtres louisianaises et des torpilles russes. Nous nageons ici dans l’Océan aquatique de Cluster…. celui du space-rock des années 70. Cluster (anciennement Kluster) a été formé par Dieter Moebius, Hans-Joachim Roedelius et Conrad Schnitzler, soit la fine fleur du krautrock – le rock choucroute – naviguant entre Berlin et Duesseldorf. Le touche-à-tout Brian Eno a apporté sa touche à “Cluster & Eno” dispo au Cabinet.
Egalement disponibles au Cabinet Curieux en février 2019:
  • Les surprenants DONNIE & JOE EMERSON et leur “Still Dreamin’ Wild – The Lost Recordings 1979-1981” 
  • Züri Brännt comme si vous y étiez grâce à la puissante compilation KLEENEX/LILIPUT (en double vinyle) 
  • L’Amérique se rebiffe avec “Songs of Resistance – 1942-2018” (Tom Waits, Steve Earle, Marc Ribot) 
  • La scène disco-funky – des années 70 au début des années 80- avec “Lovin’ Mighty Fire”…. from JAPAN. 
  • L’un des disques qui ont fait de 2018 une année pas complètement naze… YO LA TENGO: “There’s a Riot going on”
  • SUN RA: “THE EARLY ALBUMS COLLECTION 1957-1963” (dans la collection Enlightenment, 2018)
  • REAL KIDS: (only for fans)…. des enregistrements ressortis des limbes par Crypt Records (sur vinyle) 
  • A VENIR: un film – documentaire sur les fabuleux SEEDS avec une B.O. pleine de surprises en mars 2019..

LE CABINET CURIEUX REND HOMMAGE… après avoir rendu la dinde ! (musiques dégénéréeSS, films dégénéréSS et bouquins dégénéréSS…)

BONNE ANNéE A VOUS TOUS, merci du soutien, et MERCI DONALD ! 

Dans le Cabinet Curieux de JANVIER 2019… nous croisons pêle-mêle et tout azimut: 

 BUZZCOCKS – hommage à PETE SHELLEYL’année 2018 s’achève sur une fausse note… TANT MIEUX… punk. Pete Shelley est mort au début du mois de décembre d’une crise cardiaque “suspecte”, ainsi que l’écrivait avec extase le tabloïd anglais “Mirror”. L’épopée des Buzzcocks remonte à 1975, année de la rencontre entre Pete Shelley et Howard Devoto à l’institut de technologie de Bolton, commune du grand Manchester. Le groupe mancunien produit “Spiral Scratch” en 1977 sur son propre label. Le CABINET CURIEUX propose ce mois-ci de vous replonger dans l’essence même du punk british avec “Another music in another kitchen” ainsi que “Love bites”, deux disques essentiels pour qui veut tout savoir du nihilisme et de la haine des voitures de course. Disponibles en format LP et CD selon la demande.

NEW YORK DOLLS “A Hard’s Night Day”: l’objet est indispensable: 21 morceaux des Dolls de 1973 (démos, master tracks) remastérisés par Tim Warren, de Norton Records, à New York. Y’a-t-il quelqu’un pour cracher dans cette soupe-là ? L’objet sous format double vinyle violet ou bordeaux (selon la lumière) est roboratif à souhait grâce notamment à une dynamique retrouvée, dégraissée et disons-le redynamisée (ah..) . Les titres proposés sont autant d’invite à pogoter en 2019. C’est toujours ça de pris sur l’ennemi. Alors suivons l’adage… c’est toujours dans les vieilles casseroles…. : “Looking for a Kiss”, “Jet Boy, Pills”, “Trash”…. qui dit mieux ? Le tout emballé pour la fête des Rois.
DARONDO “Listen to my song – The Music City Sessions”. La découverte suave du mois ! “Une mine d’or”, c’est ainsi que ce disque est décrit par le label londonien Ace Records. Cette relique vieille de plus de 40 ans vit et bouge toujours. Darondo y est plus vivace que jamais avec sa voix un brin nasillarde de canard. On plonge immédiatement dans la force de la soul des années 70, entre Curtis Mayfield et War grâce au natif de Berkeley (Californie). LP au Cabinet.
“1968 JON’S SAVAGE”: tout bon millésime, “1968” – la nouvelle compilation de Jon Savage (ex-journaliste des ex-journaux pop anglais Melody Maker et N.M.E) recèle son lot de trouvailles (Spooky Tooth, The Ceyleib People, R Dean Taylor, KAK…). Dans cette malle, retenons “The Snake” par l’impayable Al Wilson. Un morceau à faire danser… tous les gilets jaunes sur le ventre mieux qu’Emmanuel Macron n’aurait jamais su le faire. Al Wilson règle manifestement ses comptes avec la gent féminine, ce qui n’enlève rien à la dureté des propos. “1968” = 48 morceaux de pur bonheur contagieux et de frénésie. En stock au Cabinet Curieux en format CD.
BIG JOANIE SISTAHS:Trois filles de Londres pince-sans-rire incarnant une certaine histoire de la Grande-Bretagne à l’heure où Raheem Sterling, le footballeur de Manchester City se fait traiter de “sale negro” par des supporters haineux de Chelsea lors d’un match du championnat anglais début décembre. Le racisme n’a pas disparu loin s’en faut. Les Trois Sistahs Big Joanie délivrent du rock et du punk à la sauce “power trio”. On pense par moment au proto-punk de Death, de Detroit, trio afro-américain qui a commis de merveilleux O.V.N.I au milieu des années 70. Les Sistahs sont dans cette veine. Elles avouent aussi leur penchant pour les Breeders et Jesus and Mary Chain. Leur premier EP édité en 2014 ne s’intitulait pas “Sistahs Punk” pour rien. Welcome girls in this amazing macho world ! Vinyle disponible en tout temps au Cabinet Curieux.
Egalement disponibles au Cabinet: le best du best de Marianne Faithfull, Cat Power, Kurt Vine, Sun Ra – The Early Recordings, Blondie “Pollinator”, Elvis Costello “This year’s model”, Damned “Damned Damned, Damned” (objet solidifié et augmenté), The Fall (5 albums des archives Beggars), de la pop japonaise et du youkoulélé hongrois, Cluster, The Real Kids (refreshed), Lee Hazlewood, des inédits de Polo Macca, Electric Prunes et autres combinards…
ANNONCE * BOURSE AUX DISQUES A NEUCHÂTEL – BARKING – SAMEDI 12 JANVIER 2019 
DE 13H30 à 18H30 – ADRESSE: PARKING DU SEYON – 2000 NEUCHATEL –

Dans le Cabinet Frileux de décembre 2018, nous croisons… 

brexit news: THE SWINGIN’ LONDON IS DEAD / VIVA THE LONDON SWINGIN’

Marianne Faithfullégérie, icône jusqu’à la déchéance humaine d’un Swingin’ London sixties débordant  ENCORE de vitalité. Nous voilà 50 plus tard avec une Albion divisée comme jamais, en proie aux doutes comme jamais… mais toujours avec Marianne Faithfull dans le décor. Que faire ? “Sister Morphine” vient de commettre un suave nouvel album “Negative Capability”. Pendant qu’elle revisite une xième fois son passé dans ce disque, son passé la revisite aussitôt par derrière. Le label londonien Ace  vient de consacrer à Marianne Faithfull une belle anthologie “Come and Stay with me – The UK 45s 1964-1969”, 22 titres des bandes mono terrées dans les sous-sols d’Abbey Road. Et comme disait Churchill, tout débute avec des larmes: “As Tears Go By”… Le CD fraichement sorti chez Ace Records à Londres sera disponible dès la mi-décembre au Cabinet Curieux… devenu frileux le temps d’un hiver. Recommandé également le documentaire sur Marianne Faithfull réalisé par Sandrine Bonnaire. 

THE ARTWOODS: sorti de la botte gauche du Père Noël, The Artwoods ne pouvaient pas restés méconnus plus longtemps. La réédition sans artifice de leur chef-d’oeuvre sur Decca “Art Gallery” est un bienfait pour toute l’industrie du disque et bien au-delà. Voilà ce que le Swingin’ London accouchait de plus jouissif dans les années 1964-1967… dans l’ombre des Them et des Animals. Et pour la petite histoire, le chanteur des Artwoods, Arthur Wood, n’est autre que le frère aîné de Ronnie Wood (Faces, Rolling Stones). Ce groupe, qui a eu son heure de gloire à la fin de l’année 1964 en prenant résidence au 100 Club à Londres, a fait danser un temps tout Soho. L’objet en vinyle bien taillé, signature Decca et tout le tsoin-tsoin, est disponible au Cabinet Frileux. 

THE KINKS: “Are The Village Green Preservation Society” (BMG, 2 CD) (50th anniversary Deluxe Edition with bonus and alternative tracks).
Il y a des objets qui vous brûlent les mains et d’autres qui vous laissent totalement froids, voire frigides. Dans l’esprit déjà post-Brexit qui nous anime, il convient de faire honneur aux Kinks dont on fête les 50 ans de la sortie de l’album pour le marathonien “Are The Village Green Preservation Society”. 
Le double CD avec un nombre important de titre non retenus jadis, de bizarreries de studio et autres élucubrations sonores de l’époque, vaut le déplacement, non seulement pour les Kinks eux-mêmes, mais également pour garder une image positive et la plus lumineuse possible de Waterloo et d’autres batailles encore….
La bonne surprise du mois nous vient de l’autre monde insulaire, de cette île du nord peuplée de vaillants rockers et de punks hirsutes, espace toujours à l’avant-garde du progrès (osons). Oui, de cette terre où l’ex-international de football Paul Gascoigne avait compris avant tout le monde qu’il valait mieux sombrer dans l’alcoolisme que de devoir se plier devant l’Europe. Bien vu Paul ! Reste que sur cette terre si lointaine qui se dérobe sous nos pieds, des pétales de rose continuent de parsemer le jardin maudit de la blanche et perfide Albion. La preuve est apportée en ce sinistre mois de décembre par la belle paire (non de Wienerli mais de folk-pop) TREVOR MOSS & HANNAH-LOU. Leur nouvel album “Fair Lady London” est un petit bijou disponible dès la mi-décembre au Cabinet Frileux. 
Le bloc de l’Est a enfanté – comme le monde entier – de ce qui pouvait alors ressembler dans les années 60 à du Swingin’ London aussi. En Hongrie par exemple, les filles ne  chantaient pas encore le grand refrain d’aujourd’hui (“On grille, On grille”). Non, non. Elles chantaient pour de vrai des chants révolutionnaires engendrés auparavant par le grand Satan de l’Ouest. Mais des chants révolutionnaires chantés tout de même dans la langue vernaculaire. Il ne fallait pas exagérer. Vous retrouverez donc sur cette splendide compilation de chanteuses pop hongroises des années 60 des noms d’artistes qui ne vous diront rien ou presque: 
Nagy Eva, Marta Bencze ou encore Kyri Ambrus. C’est à un vrai voyage dans un autre temps que nous convie le fameux label Ace Records.
Vous retrouverez également au Cabinet Furieux les incunables suivants: CHRIS ISAAK, les FILMS DE PAUL MORRISSEY, ALPHA BLONDY “JAH GLORY”, le dernier A TRIBE CALLED QUEST en vinyle, BLONDIE “the complete picture” (2 x LP), le toujours jeune BLOWFLY… en dépit de son décès, JAY BOLOTIN la surprise du mois dernier, BROADWAY ZYDECO from Louisiana to Geneva, l’œuvre intégrale de BUFFY SAINTE-MARIE…. les petits derniers de CAT POWER et LOW, sans compter des anthologies impecs de JOE STRUMMER ET LEE HAZLEWOOD…..
BREXIT NEWS: Naissance d’une libraire à Bienne: BOSTRYCHE…. un certain plaisir de retrouver des sensations perdues, quelque chose qui avait disparu du paysage à Bienne, une librairie qui vend des vrais livres avec des vrais choix et une passion derrière. Adresse: rue Centrale 14, 2502 Bienne 
Bourse aux disques * Plattenbörse * le 23.12.18 à La Chaux-de-Fonds (Machine à Trucs, Rue de la Boucherie 16)
Bourse aux disques * Plattenbörse * le 12.01.19 à Neuchâtel (Barking, rue du Seyon 38) 

Dans le Cabinet Curieux de NOVEMBRE 2018… nous croisons:

DES PROTEST-SONGS, CHANTS DE LUTTE, GABBA-GABBA YEAH !

PAR LES DAMNE-E-S DE LA TERRE-CHANTS DE LUTTE (1968-1988) 

OBJET DISPONIBLE EN CD ET EN VINYLE AU CABINET CURIEUX ! 

“Ce projet musical du label parisien Hors Cadre répond à un besoin: (re)donner la voix aux nouvelles générations qui évoluent en France avec une absence d’identification, un oubli de l’histoire de leurs parents dans le paysage politique et culturel qu’elles traversent en grandissant. Il écrit une autre histoire de la musique en français. A la jonction des luttes de libération des pays d’origines, des luttes ouvrières, des exils. A lire d’urgence le récent et très bon papier paru dans le quotidien “Libération”

FELA KUTI – “BEASTS OF NO NATION” – “FELA KUTI WITH GINGER BAKER” – “ZOMBIE”: le très recommandable label new-yorkais Knitting Factory s’est donné pour mission de rematérialiser les vinyles introuvables ou inabordables de l’homme qui a rendu jaloux… James Brown. “Africa Man Original”… le voilà ! Le Duke Ellington du Nigeria couplé à un politicien mordant baptisé le “Black President”… des décennies avant Obama. Musique de combat, rythmes de résistant…. le thème de ce mois de novembre.

THE ACE OF CUPS: “Its bad for you but buy it !” – CD au CABINET !
Vous avez aimé le Jefferson Airplane… vous allez adorer le groupe 100% féminin de The Ace of Cups (San Francisco, 1967) dont le label Big Beat s’est amouraché à tel point qu’une merveille de compilation est ressortie des tiroirs sous le titre très aguichant de “It’s bad for you but buy it !”. Il pourrait s’agir selon les historiens du rock et autre “Rock Polizei Amt” du premier groupe exclusivement féminin de l’histoire du rock. Pas féministe, féminin.
MARC RIBOT – SONGS OF RESISTANCE 1942 – 2018 (ANTI-) disponible pour l’heure en CD. Résistance – maître-mot de cette splendeur – convient parfaitement à l’objet du jour. Celui d’un guitariste du New Jersey désenchanté de son pays et invitant Tom Waits à enterrer ensemble leur rêve d’universalisme américain. “Bella Ciao (Goodbye Beautiful)”, Ribot, compagnon de longue date du chanteur rugueux, revisite 70 ans de protest-songs, pour rappeler encore et toujours ce qui a été. Avec Tom Waits en trublion.
THAILANDE – LE RAP SE LEVE CONTRE (MAUVAIS) VENTS ET MAREES
“C’EST UNE VIDEO DE 5 MINUTES EN NOIR ET BLANC: DIX RAPPEURS Y DEFILENT, DONT QUATRE LE VISAGE MASQUE D’UN FOULARD, ASSENANT LEUR TEXTE EXPLOSIF DEVANT UNE FOULE DE JEUNES LéGèREMENT FLOUTES. ILS DECRIENT DANS UN LANGAGE CRU UN PAYS – LA THAÏLANDE – OU LES MILITAIRES ONT CONFISQUE LE DROIT DE CHOISIR, LES PAUVRES NE PEUVENT PLUS SE SOIGNER ET LA CORRUPTION N’EST PERMISE QU’AUX RICHES”. (in Libération)

TONY JOE WHITE est mort le 24 octobre et ne chantera plus Cocodi Cocoda… ou plutôt “Polk Salad Annie”, son grand hit. Voici enfin révélés pour les amateurs du Cabinet Curieux les tenants et aboutissants des paroles de cette chanson: elle parle d’une miséreuse ramassant des légumes accommodés plus tard en salade, miséreuse dont la méchante grand-mère a été dévorée par les alligators”. Tony Joe White, qui a écrit pour Presley, est la meilleure chose qui soit arrivée au sud des Etats-Unis. Tony Joe White a-t-il voté pour Trump ? Nous ne voulons pas le savoir. Paix à son âme !

Et bien entendu… le Cabinet Curieux regorge d’autres merveilles parmi lesquelles…. 
JAY BOLOTIN, JOE STRUMMER (Anthology), THE REAL KIDS, CLUSTER, LOW, CAT POWER, LES DIVAGATIONS DE PHIL SPECTOR, L’ENSEMBLE DU CATALOGUE DE FAT POSSUM RECORDS, LE SPLENDIDE “FORTY” DE LEE HAZLEWOODEN VINYLE, LE PREMIER ELECTRIC PRUNES (LP), LE PROJET CUBISTE D’ALAN VEGA, ALEX CHILTON ET BEN VAUGHN, LA FANTASTIQUE BETTY DAVIS (en cd et lp), TIM BUCKLEY (LADY, GIVE ME YOUR KEY), BASEMENT 5 (difficilement trouvable), ANNETTE PEACOCK (I’m the one), et forcément plusieurs albums de l’inspirateur numéro 1 de Ice-T: BLOWFLY ! 

Dans le Cabinet Curieux d’OCTOBRE 2018… nous croisons:

JAY BOLOTIN (LP/CD): la surprise du mois nous vient du Kentucky (USA).  Ancien pensionnaire de la Rhode Island School of Design, Jay Bolotin est l’incarnation même d’un artiste complet (sculpteur, arts visuels, théâtre, films et littérature). Dans les années 1970, il s’est acoquiné avec la crème de la crème de la country music (Merle Haggard, Kris Kristofferson…) pour accoucher d’une perle au titre ô combien contemporain “No one seems to notice that it’s raining”. Ces bandes jusqu’ici perdues surgissent des limbes (1970-1975). Chef d’oeuvre. 

CAT POWER “Wanderer” (LP et CD): revoilà la vraie-fausse toquée d’Amérique dont le monde de la pop s’est amouraché il y a une bonne vingtaine d’années déjà. De son vrai nom Chan Marshall, Cat Power va mieux. Elle l’affirme en tout cas à longueur d’interviews. Non seulement “Wanderer” est un bel album en hommage aux hobos et autres musiciens dont la mission est de porter – paraît-il – la bonne parole lors de tournées à rallonge devant des publics ébahis et parfois aussi très déçus. Cat Power a l’avantage de collectionner les ébahis et les déçus, souvent d’ailleurs les mêmes. 

LOW “Double negative” (CD/LP): De Duluth, dans le Minnesota, connu pour être accessoirement la ville natale de Bob Dylan, des mormons s’essaient depuis plus de 25 ans à redéfinir la neurasthénie. Tout un programme. La musique si magnétique et envoûtante de LOW tente cette année un virage vers des sonorités plus électro. Onze morceaux abrasifs marqués du sceau de l’expérimentation.

CRAMPS “Ohio Demos 1979” (LP): Avant de retrouver Alex Chilton à Memphis pour enregistrer leur premier album “Songs The Lord Taught Us”, les Cramps avaient commis cinq sessions de démos. Le meilleur et le plus mystérieux de ces bandes oubliées sont à redécouvrir ce mois au Cabinet. La fébrilité et l’intensité des débuts du plus grand groupe de psychobilly de l’histoire sont au rendez-vous. Le mystère demeure pourtant concernant ce disque car personne n’est 100% sûr que ces bandes ont bel et bien été enregistrées dans l’Ohio en 1979 ! 

OFEGE (Nigéria, LP): retour dans les bacs pour la première fois depuis 1973 de l’excellentissime “Try and Love”, album de psy-funk made in Nigeria, selon les spécialistes. Ofege est l’émanation d’une bande d’adolescents du collège St. Gregory de Lagos du début des années 1970. A juste titre considéré comme le premier ou l’un des premiers bands de funk psychédélique d’Afrique de l’Ouest, Ofege a enregistré son premier disque “Try and Love” alors que les musiciens présentaient une moyenne d’âge de … 16 ans. Funk, psyché mais aussi soul du meilleur cru. A recommander alors que les frimas approchent. Grrrhh ! 

And many more  ….. zum Beispiel… 

PUTS MARIE (totaly fresh “Catching Bad Temper” en vinyle), STUDIO ONE FREEDOM SOUNDS (sur Soul Jazz, pépites de rocksteady), BETTY DAVIS “NASTY GAL” (vinyle, force de la nature), DONNIE & JOE EMERSON “DREAMIN’ WILD” (pop californienne dans son jus), THE KITCHEN CINQ “ANTHOLOGY 65-68” (découverte géniale d’octobre, le groupe derrière la voix de Lee Hazlewood himself), le premier disque de WILLIE NELSON “And then i wrote”, sans oublier deux nouvelles rééditions des ineffables REAL KIDS (toujours chez Crypt)… 

Dans le Cabinet Curieux de ce mois de septembre 2018… nous croisons:

TRASH DUB SOUND-SYSTEM feat. /Gonzo/Wonkeyman/Johnny Distorsion

“FAKE” mais vrai premier morceau de Trash Dub Sound System, nouveau projet de Gonzo & Wonkeyman en collaboration avec Johnny Distortion. D’autres morceaux vont suivre avant parution d’un album courant 2019.
Possibilité d’écouter et télécharger ce titre sur Bandcamp.
GIL SCOTT-HERON: Eclairage ce mois sur l’un des poètes afro-américains les plus prolifiques, mort au combat en 2011 après avoir commis un dernier brûlot crépusculaire de première classe:  “I’m new here” (2010). Disponible en CD au Cabinet. Les spoken words de Gil Scott-Heron prennent d’autant plus de sens que l’Amérique – non seulement noire – mais une bonne moitié de l’Amérique, se demande comment tout cela va finir avec la T(r)umpitude” ambiante: mal ! La révolution a déjà été télévisée plusieurs fois depuis que Gil Scott-Heron a composé son morceau phare (chute du Mur, Printemps arabe). Comme quoi… même un poète peut se tromper. C’est la morale de l’histoire de ce mois…
Egalement disponible “Small Talk at 125th and Lenox” en CD. sorti en 1970 sur Flying Dutchman Rec.

JO TONGO, né Joseph Ekambi Tongo Mpomdo, a grandi à Douala, au Cameroun. Départ en 1964 pour Paris et des études en pharmacie (toujours utiles). Mais la musique prend finalement le dessus avec la parution quatre ans plus tard du premier 45 tours en english “Dig it Babe”. Jo Tongo ne s’appelait pas encore Jo Tongo… mais Jojo L’Explosif (excellent nom d’artiste au demeurant). Il fricotera ensuite avec la crème des musiciens camérounais (Manu Dibango, Tala AM, Manfred Ebanda). La parution en 1977 sur Fiesta Records de son premier album sobrement intitulé “Jo Tongo” fait un malheur. C’est la rencontre parfaite de l’afrobeat et du folklore camérounais. Ca va chauffer cet hiver dans les chaumières.

CERRONE: le numéro un des compositeurs de disco français (car Patrick Juvet est Suisse, ne l’oublions pas). Fils de réfugié italien fuyant la bande à Mussolini, Cerrone apprend la batterie dès l’âge canonique de 12 ans et s’éprend éperdument d’Otis Redding. Mais en 1969, cet apprentissage jusque-là impeccable se teinte d’une ombre à jamais indélébile sur son CV: il prend la direction artistique des Club Med. Et la descente en enfer de celui qui aurait pu finir les pieds plombés dans le lac de Garde se poursuit. Il monte un groupe – les Kongas – qui se produisent au club Papagayo de Saint-Tropez devant un Eddie Barclay éberlué. C’était parti pour une carrière ininterrompue dédiée à la disco finalement de bonne facture.

Disponibles au Cabinet les incunables que sont devenus: “Cerrone’s Paradise” et “You are the one” (CD).

ARETHA FRANKLIN est morte le 16 août dernier. Elle ne chantera plus “Cocodi Cocoda”. Histoire de rendre dignement hommage à cette grande dame de la soul, le Cabinet “Sérieux” (pour une fois), s’est doté de “Spirit in the Dark” (CD) à faire chialer dans les chaumières. Vive la Soul, Vive Aretha Franklin (qui n’a jamais je vous l’assure convolé en juste noces avec Sean Connery malgré la rumeur persistante).

And many more  ….. zum Beispiel… DAVID BOWIE (Welcome to the Blackout, Live London 78), SOUL JAZZ COMPILATIONS, JOHNNY THUNDERS (So Alone), SAM COOKE “At The Copa” (CD), ROBERTA FLACK (Killing me softly), FRED FRITH (THE TOP OF HIS HEAD sur Crammed, “Made To Measure Volume 21”), DR.john (“Babylon” en LP), JIM CROCE (“Photographs and memories, compil), HARDER THEY COME de JIMMY CLIFF (en vinyle), sans compter l’indomptable LINTON KWESI JOHNSON (“Bass Culture”, LP).

Dans le Cabinet Curieux de ce mois d’août 2018… nous croisons:

– Chrissy Zebby Tembo, né à Chingola en Zambie, a embrassé la carrière de musicien en 1970 comme batteur des Scorpions, pas les Allemands… les Zambiens. Les Scorpions se métamorphosèrent par la suite en Zgozi Family avant que Chrissy Zebby Tembo lui-même se lance dans une carrière solo où il inventera son propre style – le Zamrock – la musique zambienne dans sa collision bénéfique avec le funk et le rock. Notons ici l’usage immodéré de la guitare fuzz mêlée à du beat africain de première main. Découverte du mois du Cabinet Curieux ! On vinyl.

– Inclassable Albert Marcoeur, dont Plonk & Replonk consacre un livre disponible au Cabinet. Qui est Albert Marcoeur ? Un chanteur français né à Dijon en 1947. Dire que la moutarde lui est rapidement montée au nez serait de l’ordre du pléonasme. Voilà plus sérieusement ce qu’en disent les dictionnaires spécialisés: “Féru d’expérimentations mélodiques, rythmiques et sonores, il n’en est pas moins un auteur de textes à la fois légers, drolatiques et décalés. Ses côtés expérimentateur, musicien éprouvé et amuseur lui valurent un temps l’appellation de « Frank Zappa français » et d’être parfois comparé au brésilien Tom Zé”. Il y a pire comme comparaisons. Le bouquin dont le Cabinet Curieux est l’unique dépositaire dans le Seeland, et plus largement encore, recèle des textes ciselés par Albert Marcoeur et “photomontagés” par Plonk & Replonk sur le thème du droit d’auteur tricolore. Titre du livre: “Mais Monsieur Marcoeur, comment se fait-il que vous ne soyez pas venu nous voir plus tôt ?!”

Blowfly, c’est tout un poème. Amusez donc la galerie en passant subrepticement un jour un disque de Blowfly sur votre platine pour faire danser l’assistance. Tout le monde dansera. Le funk présenté vaut James Brown et les vinyles de Weird World (label) sont d’une qualité sonore irréprochable. Tout en dansant, peu se rendront compte des paroles délivrées par Blowfly dans ses chansons: que du salace, des histoires de cul grotesques, des allusions tellement cochonnes et perverses qu’ainsi exposées en rythmes soutenus elles en deviennent drôles. Un grand moment de plaisir avec Blowfly dont le Cabinet présente ce mois de magnifiques exemplaires en vinyle.

– Histoire d’étoffer dignement ce mois de rentrée les bacs du Cabinet Curieux, une sélection de compilations signées Soul Jazz et Trojan, qui fête cette année ses 50 ans, est en stock. Quelques titres:

Studio One Women, Calypso Musical Poetry in the Carribean 1955-69, Nu Yorica ! Culture Clash in New York City, Coxsone’s Music The First Recordings 60-63, Boombox: Early Independant Hip-Hop Electro & Disco Rap 1979-1982, Punk 45 – French Connection, Deutsche Eletronische Musik (1979-1983). Et du côté des effluves ganja de Trojan: des rétrospectives soignées des oeuvres quasi intégrales et magnifiquement mises en CD de Desmond Dekker, King Tubby, Dennis Brown, Lee Scratch Perry ou encore Dandy Livingstone, sans compter Ken Boothe (quelle voix).

Enfin tout un lot de découvertes ou de redécouvertes: des bandes disparues d’Esquerita (avec une fantastique version du Sinner Man de Nina Simone), la réédition du premier album des Real Kids (dont l’énergie continue d’irriguer les jambes), plusieurs livraisons de Billy Childish (pour qui le nombre de disques doit dépasser la centaine), du cajun hypnotique, des rééditions de Lee Hazlewood et bien d’autres surprises encore. Welcome !

Dans le Cabinet Curieux de ce mois de juillet 2018… nous croisons:

(disques suaves d’été, films suintant la chaleur et divers bouquins éreintants)

THE BERT BERNS STORY aux manettes d’un nombre sidérant de productions et auteur à succès, BERT BERNS est à redécouvrir ce mois. Né dans le Bronx au plus fort de la Grande Dépression de 1929, Bert Russell Berns s’est imprégné des sons de Big Apple aux prémices de la Beat Generation à Greenwich Village ainsi que des rythmes endiablés de Spanish Harlem. Parmi ses premiers clients figurent Austin Taylor et Hoagy Lands. Mais le véritable démarrage de sa carrière s’opérera avec les Isley Brothers et Solomon Burke. Atlantic Records s’intéresse alors à son travail. Trois CD résument l’itinéraire de BERNS chez Atlantic mais aussi pour le compte de ses propres labels Bang et Shout sur lesquels Van Morrison et Neil Diamond signeront. Manque de peau: Berns meurt une nuit d’été de 1967 à l’âge de 38 ans d’une insuffisance cardiaque. A signaler également l’excellent documentaire sur ce personnage atypique à reluquer dans la poubelle du web : https://youtu.be/0UHgYnAngGc

LE LABEL PARISIEN “LE FURIEUX”: nouveau venu sur la scène parisienne, le label LE FURIEUX a pour ambition de faire connaître des artistes dont la mission est de renouveler la chanson française. Encore peu d’albums édités à ce jour… mais parmi eux quelques pépites. Ce label associatif fondé en 2015 a produit au total cinq albums, dont trois l’an passé. Le Cabinet Curieux vous propose notamment Achille (“Iris”) et Armelle Dumoulin (“Le Quatre”). De son vrai nom Donia Berriri, Achille a choisi ce pseudo en hommage à Achille-Claude Debussy. Au menu: quelques chansons sur l’actualité brûlante parmi lesquelles “L’apatride”, titre sur le déracinement et les difficultés de l’exil. Pour vous faire une meilleure idée du catalogue du label en voici le site:  http://lefurieux.org/

PLONK & REPLONK: tout avait débuté sous les meilleurs auspices grâce à la secte du Temple Solaire en 1994. Dans la foulée des barbecues géants de Cheiry et Salvan, quelques joyeux drilles de La Chaux-de-Fonds se mirent en tête de confectionner de redoutables T-shirts avec la mention: “Jo Di Mambro Barbecue Club”. Une folle production de briquets tout aussi redoutables suivit avec le slogan: “Secte du Temple solaire Fan Club”. C’était parti mon kiki. La suite est connue du grand public: cartes postales décalées, Roi de Suisse, nains de jardin en béton, etc. Le Cabinet Curieux se fait un honneur de présenter un échantillonnage des produits Plonk et Re….

THE SEEDS: auteurs de deux antiennes indémodables des sixties – “Pushin Too Hard” et “Can’t Seem To Make You Mine”, les SEEDS bénéficient désormais d’un relooking de leurs albums augmentés de nombreux titres inédits. Cornaqué par leur leader Sky Saxon, ce combo a influencé de nombreux groupes dans les années 70 et 80… jusqu’à aujourd’hui. Tout amateur/trice de rock psychédélique qui se respecte se doit d’avoir écouté les Seeds. Le Cabinet Curieux vous suggère les excellentes rééditions complétées et remastérisées suivantes: le tout premier album éponyme, “A Web of Sound” et “Future”. Prochaine étape: la cryogénisation de Sky Saxon lui-même ! Merde Sky Saxon est déjà mort. C’était en 2009 à l’âge canonique pour un rockeur de… 71 ans.

GEORGE JACKSON – la redécouverte du mois: enregistrée à la fin des années 60 début des années 70 à Memphis, la “soul attitude” de George Jackson n’est pas sans rappeler des noms aussi prestigieux que Wilson Pickett ou James Carr. Après un premier coup de projecteur sur le blues rural des origines, le Cabinet Curieux entame cet été le début d’un flash-back sur lasoul des origines avec dans les bacs de splendides rééditions des Impressions (le premier groupe de Curtis Mayfield), des Valentinos, de Sly Stone (“Precious Stone”, objet inédit). Sans compter Melvin Sparks, Allen Toussaint, Terry Callier, Clarence Carter ainsi que l’âme du bayou dans toute sa splendeur.

Dans le Cabinet Curieux du mois de juin 2018… nous croisons:

ANALOG AFRICA

Après tout ce que l’Occident a déjà écrit de “prometteur” sur le continent africain… sans demander leur avis aux principaux intéressés, le label allemand Analog Africa remet la hutte au milieu du village. Du Ghana au Bénin, du Mali au Togo, des ensembles sont allés bien plus loin que James Brown et sa funkitude dans les expérimentations polyrythmiques des années 60 aux années 80. Qu’ils se nomment Hamad Kalkaba (Cameroun), Bambara Mystic Soul (Burkina Faso) ou l’Orchestre Poly-Rythmo de Cotonou (Bénin), chacun y est allé de sa recherche aux tréfonds du subconscient. Cela ressemble à du vaudou, à des danses hypnotiques… mais cela peut aussi ressembler à de la rumba endiablée. L’axe Lagos-Addis Abeba-Accra a été dépoussiéré par la grâce d’un jeune blanc bec du nom de Samy Ben Redjeb, tête pensante d’Analog Africa, dont le CABINET CURIEUX s’est procuré la substantifique moelle sous format LP (objet d’excellente tenue où les couleurs éclaboussent les pochettes) et CD. A noter notamment la présence dans les bacs de la récente sortie (18 mai) du Volume 2 de la compilation “African Scream Contest”.
Edition spéciale en CD pour le 40e anniversaire de la sortie du premier album de la bande à Lemmy. “Metallic rock’n’roll overkill !” affirme d’emblée le label Chiswick, auteur de ce brûlot composé des 8 titres d’origine (“Vibrator”, “Lost Johnny”, “Train kept a-rollin”, etc) augmentés d’une douzaine de morceaux inédits ou mixés selon d’autres recettes. Pour un été torride !
Le label mythique STAX, qui a révolutionné la soul music en signant notamment Otis Redding ou Isaac Hayes, a toujours pris soin de ne jamais oublier le restant de l’écurie des génies hurlants de Memphis. Et parmi les brebis les plus expressives: les Staples Singers du père Pop Staple et de ses filles. De la magie en boîte, des sermons à renvoyer le révérend afro-américain Michael Curry – celui qui a choqué la reine Elizabeth II lors du récent mariage princier britannique entre Harry et Meghan – au rang de gentil animateur de foire. Le Cabinet Curieux se fait un honneur de réhabiliter les Staple Singers dans des rééditions CD de haute voltige. A découvrir également le duo féminin Judy Clay et Veda Brown dans “The Stax Sold Recordings”
C’est l’histoire d’un seul disque ! Mais quel disque ! Son auteur Baby
Huey conversait déjà avec les asticots lorsque l’OVNI a été publié en 1971 avec ce titre à moitié trompeur: “la légende vivante”. Cette dernière avait disparu une année plus tôt, victime d’une attaque cardiaque. Baby Huey souffrait d’un surpoids notoire. Curtis Mayfield, producteur sur ce coup-là, a finalement eu fin nez de conserver les bandes. Des pépites illuminent ce CD en vente au CABINET, parmi lesquelles une reprise à couper le souffle de A CHANGE IS GONNA COME de SAM COOKE.
Surnommé “Mississippi” Joe Callicot (1899-1969), ce fidèle lieutenant du Delta Blues s’improvisait déjà chantre de la Grande Dépression en pourfendant l’air du sud en 1929 avec cette bravade anti-blancs sous des airs de jamboree “Cottonfields blues”. Ce n’est qu’à partir des années 60 que le nom de Callicot s’incruste dans les bacs des disquaires. Parmi les chansons à retenir, “Great Long Ways From Home” et “Hoist Your Window and Let Your Curtain Down”. Joe Callicot a été enterré dans le cimetière du mont des oliviers d’une église baptiste de Nesbit, dans l’Etat du Mississippi. Un mémorial à sa gloire a été dressé sur place et régulièrement entretenu grâce aux fonds d’une brochette de rock stars parmi lesquelles John Fogerty.
DISPONIBLE AU CABINET CURIEUX SOUS FORMAT VINYL LP ou CD.
THE WATCHMAKING METROPOLIS ORCHESTRA “Dritto Dritto” + disques du label Burning Sounds de La Chaux-de-Fonds: le Cabinet Curieux compte quelques exemplaires remarquables de ce livreur de pizzas maison trash-garage-punk-alternatif. Au menu: Hallelujah Mothers Helpers, Julien et Yvan, les Watchmaking, The Red County, The Staches…. 100% produits du cru.
……

Dans le cabinet des curieux du mois de mai… nous croisons:

– “ALICANTE” par DUNIA MIRALLES & MONOJOSEPH, CD audio, 2018, textes, musique, illustration (Torticolis)
“Une femme, en vacances dans la région d’Alicante, souffre de l’absence des deux hommes dont elle est
amoureuse”. Canevas de l’OVNI commis par l’écrivaine chaux-de-fonnière Dunia Miralles, accompagnée
musicalement pour l’occasion par Jérôme Ballmer (Jivaros Quartet, Sunday Ada). L’audio-CD – texte
livré sous format musical – a le vent en poupe (Eicher s’y est mis). Movida à Alicante à la
sauce Chaux-de-Fonds Chaux-de-Froid. Joli petit objet à ne pas mettre entre toutes les mains (sales).

– This is TROJAN SKA: pour fêter les 25 ans du fameux défricheur de “jamaican roots”, Trojan agence ici le meilleur
du ska old skool. Quelque cinquante titres répartis sur 2 CD du meilleur tonneau
de rhum agricole de Jamaïque (Desmond Dekker, The Maytals, Lee Scratch Perry, Skatalites, entre
autres). Un joyeux livret de 16 pages guide le curieux dans les méandres de Kingston. Tous les interprètes n’ont pas
connu des destins aussi florissants que les musiciens précités. On déniche par exempe Lord Tanamo et son “I’m in the Mood for Ska”, antienne digne d’un programme politique. Ou Bongo Man. Sans oublier les Cherry Pies. Vous voulez savoir d’où surgissent les toussotements du reggae… ruez-vous sur cette compil double CD (50 chansons).

– TOWNES VAN ZANDT: Icône absolue pour Sonic Youth, Tindersticks et tant d’autres groupes qui n’ont juré que par le nom de cet illustre inconnu, Townes Van Zandt. Ecorché vif, joueur impénitent, buveur à gorge déployée dont la mort il y a 21 ans aura désespéré les plus désespérés. Ceux pour qui la country music ne se résumait pas à Nashville ou même à Johnny Cash. Townes Van Zandt était un bluesman blanc, aussi étonnant que cela puisse paraître. Outre “Pancho and Lefty”, le Texan – en réalité mi-folk mi-country – aura accouché d’un nombre impressionnant de chansons à faire pleurer dans les chaumières. Le Cabinet Curieux vous invite à redécouvrir en format CD ou LP les incunables suivants: “Our Mother The Mountain”, “Delta Momma Blues”, “For the Sake of the Song”… Que du bon !

– BIPP “French synth-wave 1979-1985”: nous voilà dans la new wave des années 80 – queue de la planète punk – par l’entremise de cette guillerette compilation du label parisien Born Bad. Au générique: que de l’obscur, de l’éphémère. Vous avez aimé Jacno ou Bijou, cet objet devrait combler votre bonheur: bip bip froids et robotiques nimbés de notes aigrelettes au Casio, Korg et autre ARP Omni. Chiche que les noms des groupes ne diront rien à personne. Leur carrière dégage les effluves du pire et du meilleur. Relevons des perles dans ce défouloir synthétique où les sons “made in 80ies” ravivent des émois. “Contagion” de A Trois dans les WC (qu’Alain Maneval avait osé diffuser dans POGO, son émission sur Europe 1), Les Visiteurs du Soir (Orléans) “Je t’écris d’un pays”, Vitor Hublot “Aller simple” ou encore Casino Music. A l’heure où l’intelligence artificielle croit nous posséder, ce disque illustre le temps légèrement décalé où l’humain s’extasiait devant les prouesses de la technologie nouvelle.

– PIERRE VASSILIU: l’auteur de l’intemporel “Qui c’est celui-là” (“scie idiote et délicieuse de l’époque giscardienne”,
Libé) nous fait découvrir les faces plus inattendues de sa personnalité. Le label Born Bad – encore lui – lui consacre une anthologie titrée tout simplement “Face B” et dont la disponibilité est toute relative en Suisse, à l’exception du Cabinet Curieux. Prisonnier de son rôle d’amuseur public, Vassiliu s’est frotté aux contingences du music bizness, Barclay ne souhaitant publier que des chansons dites “rigolotes” du Roumain d’adoption. Pépites oubliées, singles cultissimes avec l’épatant “En vadrouille à Montpellier” sorti en catimini en 1974, sorte de longue complainte immorale étonnante d’intensité sexuelle. Rassurez-vous: pas de trace ici de “Qui c’est celui-là”…

– JUNIOR KIMBRAUGH: la note blues du mois est assurée par David “Junior” Kimbraugh, presqu’aussi inconnu aux profanes que Scott Dunbar chroniqué il y a un mois. Mais grâce à l’application du label Fat Possum (Oxford dans le Mississippi), nous voilà en phase de rattrapage. A écouter Kimbraugh, c’est à se demander parfois si Hendrix a vraiment existé ou s’il n’était qu’un clone habile de la déferlante du Sud. Le blues n’a jamais été autant d’actualité.

– ROCCO RISOTTO CORNER: les disques improbables de DJ Rocco Risotto, l’homme dont le grain de riz ne colle jamais, Oncle Binz aussi. Dans ce coin de paradis, retrouvez les LAMBRETTAS, HOLLY GOLIGHTLY, LOVE, IGGY & THE STOOGES, THE CYNICS, KING AUTOMATIC, et d’autres qui ne demandent qu’à être connus ou achetés (à jeter).

– ACE RECORDS (LONDON): information et même “breaking news”, le Cabinet Curieux a le plaisir de vous proposer dès le 11 mai toute une brochette de disques (CD) labellisés ACE RECORDS d’une rare qualité, en provenance de perfide Albion. Petit aperçu: Mötorhead – 40th anniversary edition of the first album / Wilson Pickett sings Bobby Womack / Gil Scott Heron – Small Talks at 125th And Lenox / Screamin’ Jay Hawkins – The Planet
Sessions / Rozetta Johnson / Big Mama Thornton / Stax / Seeds / First album of The Fugs /
Terry Callier / and more…

Dans le cabinet curieux d’avril on côtoie Scott Dunbar et son irradiant album de blues rural “From Lake Mary” enregistré en 1972 par ce natif de Deer Park, ville située entre le Mississippi et le lac Mary au sud de Natchez. Album corrosif. (En CD, straight from the Mississippi). (label: Fat Possum Records)

Goldberg, de Minneapolis. auteur de “Misty Flats” (1974), mine d’extatique désolation, sorte de Neil Young sous sédatif contemplant le désastre américain plus de 40 ans avant l’arrivée de Donald. Ce disque est d’une insidieuse beauté presque maladive (disque du mois, en CD) (label: Light in the Attic)

Betty Davis, vitupérante insoumise et conscience personnifiée de la différence qui fera chavirer Miles Davis à lui faire tomber la cravate. L’étincelle, quelques disques puis une retraite à l’abri du monde mais une voix qui percute encore le micro à chaque envolée. Eternelle Betty. Comme le groove qui ébranle ses morceaux. Réédition en vinyle et CD dans un état de conservation mieux qu’impeccable. (“They say I’m different”, “Is it Love or Desire”, “Betty Davis” …… (vinyle et cd, la traduction sur vinyle de ce brûlot qu’est “They say I’m different” est redoutable !).

Vestale: Berlin-Genève-Berne-La Chaux-de-Fonds. Une odyssée pour ce super groupe bric-brac inspiré autant par Brecht que par le romantisme allemand post-rock. Quasi kraut. Au générique Nico Pasche, Emmanuel Pinget, Stéphane Ballmer (ex-Jivaros Quartet) & friends A noter la rime riche: “j’ai chopé des chaude-pisse, t’as repris du pastis” in “Perséphone”). Fallait tout de même oser. Vivement recommandé un soir menaçant d’orages.

Julien & Yvan “Arschlochmusik für Arschloch People Vol.2” publié par Burning Sound, le label chaux-de-fonnier de tous les excès qui assume à lui seul le retour de la cassette sauvage dans la région. Le nouvel avatar des frères pétards sent bon le sable chaud et les cocotiers. Non pas du tout. Cela dégage une forte odeur de rage longtemps contenue mais rythmée. Indispensable K7 dont la production impeccable en plastique rouge vaudra la peine un jour de finir, elle, à la mer…. comme une bonne vieille bouteille en pet ou une top sensuelle paille de cocktails.

Olivensteins: “Fier de ne rien faire”. Un nom de groupe en hommage au fameux docteur Claude Olivenstein – coupe de cheveux dynamitée qui rappelons-le avait fait comprendre aux masses ignorantes que la toxicomanie n’est pas qu’une partie de plaisir. Ses travaux sur le LSD n’ont pas laissé tous les étudiants de la Sorbonne indifférents en 68. Les Olivensteins sont notamment l’auteur de cet indispensable hymne au j’men foutisme “Fier de ne rien faire”, chanson co-écrite par Dominique Laboubée des Dogs. Une magnifique occasion de replonger dans les années 80 où les cordes des guitares étaient vivement acérées. (En CD ou vinyl, from Paris, Ville-Lumière parfois éteinte).

Disque La Rayé: “Sécurité sociale”: au cours de l’année 66, un rythme nouveau s’est répandu sur les trottoirs de Spanish Harlem, le boogaloo. Dans les Antilles françaises, on se contorsionne alors les membres supérieurs et inférieurs sur ces sonorités latino-africo-urbaines. De Fort-de-France à Pointe-à-Pitre, les grands orchestres antillais se mettent au diapason. Le boogaloo débarque dans les îles à sucre. Merveilleuse et sirupeuse compilation commise par le label Born Bad avec en bonus un slogan qui n’a pas pris une ride: “Sécurité sociale”. (CD+vinyle).

And more in stock and coming soon…..

Pierre Vassiliu (Face B 1965-1981), The Family of Apostolic, Lee Hazlewood, Real Kids. Billy Childish, T-Model Ford, RL Burnside, Junior Kimbrough, Lee Moses, … many more (new, second hand, singles, lp, cd, k7, dvd…)  

Spit it out !